Guides essentiels
Territoires francophones
Géobiologie au Québec et en Suisse romande : pionniers, praticiens et lieux mégalithiques
Panorama des deux pôles francophones actifs de la géobiologie contemporaine, avec un éclairage particulier sur les travaux de Howard Crowhurst à Carnac.
Panorama : deux territoires francophones actifs
La géobiologie francophone contemporaine ne se joue pas uniquement en France : le Québec et la Suisse romande ont développé, depuis les années 1970, des courants dynamiques avec leurs pionniers, leurs écoles de formation, leurs praticiens reconnus et leurs sites d'étude — dont certains lieux mégalithiques et hauts lieux telluriques exceptionnels.
En Suisse romande, la géobiologie s'inscrit dans le prolongement de la Baubiologie germanique (Bau-biologie de Rosenheim, école d'Anton Schneider) et de la sourcellerie alpine traditionnelle. Le canton de Vaud, Fribourg, Neuchâtel et le Valais accueillent la plupart des praticiens actifs.
Au Québec, la géobiologie s'est développée par transmission depuis l'Europe francophone et par un intérêt marqué pour les traditions autochtones (Premières Nations, Inuits) qui portent un rapport aux lieux radicalement différent. Montréal, Québec, l'Estrie et les Laurentides concentrent l'essentiel des activités.
Ces deux pôles francophones partagent une caractéristique : une exigence documentaire élevée, une prudence face aux dérives ésotériques et un intérêt croissant pour les lieux mégalithiques — notamment via les travaux d'Howard Crowhurst à Carnac et de nombreux amateurs éclairés.
Suisse romande : pionniers et courants
La Suisse romande a produit plusieurs figures reconnues du champ géobiologique et de la radiesthésie appliquée à l'habitat.
Blanche Merz (1919–2002) — Bien que suisse alémanique à l'origine, elle a exercé et publié en français. Fondatrice en 1979 de l'Institut de recherches en géobiologie (IRG) à Chardonne (Vaud), elle a systématisé la mesure du taux vibratoire des hauts lieux européens. Ouvrages de référence : Points hauts, points sacrés (1983), Hauts lieux cosmo-telluriques (1988).
L'IRG à Chardonne : institut privé qui a formé plusieurs générations de géobiologues francophones. Approche mixte physique (mesures) et radiesthésique, orientation particulière vers les hauts lieux et la bioharmonisation.
École française de radiesthésie et de géobiologie (Section Suisse) : essaimage des méthodes de Rémy Alexandre, Jean de la Foye et Georges Prat vers les praticiens romands, principalement dans les années 1990–2010.
Praticiens contemporains actifs : plusieurs associations cantonales (Vaud, Genève, Fribourg, Neuchâtel) organisent des formations continues, des visites de hauts lieux et des colloques annuels. La rigueur méthodologique héritée de la culture germanique reste une constante.
Suisse : hauts lieux et sites remarquables
La Suisse recèle plusieurs sites remarquables étudiés par les géobiologues francophones, parmi lesquels des mégalithes préhistoriques et des lieux naturels de forte densité vibratoire.
Menhirs d'Yverdon-les-Bains (Vaud) : ensemble de menhirs néolithiques (v. 4500–4000 av. J.-C.) redécouverts au XIXᵉ siècle. Alignements documentés, taux vibratoires élevés mesurés par plusieurs équipes indépendantes.
Cromlech de Falera (Grisons) : site mégalithique alpin unique, orienté selon les levers solsticiaux. Étudié par Blanche Merz et par des équipes archéo-astronomiques suisses.
Chartreuse de La Valsainte (Fribourg) : monastère roman en zone montagneuse, réputé pour la stabilité vibratoire de son enceinte. Documenté par plusieurs générations de radiesthésistes.
Sites naturels du Jura et des Préalpes : sources sacrées, grottes de retraite (Grotte de Notre-Dame de Compassion à Bourguillon), chapelles perchées orientées. Toponymie et étude géologique convergent souvent avec la lecture radiesthésique.
Église Saint-Pierre-de-Clages (Valais) : église romane du XIᵉ siècle, régulièrement citée pour la précision de ses proportions et son orientation cosmo-tellurique.
Québec : pionniers et praticiens
Le champ géobiologique québécois s'est structuré à partir des années 1980, notamment par l'importation des méthodes françaises et suisses et par un dialogue avec les traditions autochtones locales.
Michel Dogna (naturopathe franco-québécois, années 1990–2010) : a diffusé au Québec les liens entre géobiologie, santé environnementale et pratiques préventives. Nombreuses conférences à Montréal et Québec.
Louise Cassidy (Estrie, années 2000–2020) : formatrice en géobiologie et radiesthésie, actrice de la structuration des praticiens québécois via des cycles de formation continue.
Écoles de formation : plusieurs organismes actifs au Québec proposent des cursus de géobiologie francophone (Institut québécois de géobiologie, associations régionales des Laurentides et de l'Estrie).
Dialogue avec les Premières Nations : plusieurs praticiens québécois travaillent en collaboration respectueuse avec des porteurs de savoir autochtones (Innus, Algonquins, Attikameks) qui portent un rapport traditionnel aux lieux, aux territoires sacrés et aux mémoires historiques — sans amalgame avec la géobiologie européenne, mais dans une écoute mutuelle.
Québec : lieux d'étude et particularités territoriales
Le Québec présente une géologie très différente de l'Europe (Bouclier canadien, roches précambriennes vieilles de 2,5 à 4 milliards d'années) et un cadre culturel spécifique qui modifient l'approche géobiologique.
Bouclier canadien : socle rocheux extrêmement ancien, faiblement radioactif dans la plupart des régions mais avec des poches locales de radon (Laurentides, Outaouais, Estrie). Cartographie du radon indispensable au diagnostic québécois.
Failles majeures : faille de Logan (vallée du Saint-Laurent), faille du Saguenay-Lac-Saint-Jean, zones sismiques de Charlevoix. Ces failles géologiques importantes influencent la lecture tellurique locale.
Sites autochtones : pétroglyphes de la rivière Nisula (Côte-Nord), sites cérémoniels de Wendake, lieux sacrés algonquins. Ces sites ne s'étudient qu'avec l'autorisation explicite et l'accompagnement des Premières Nations concernées.
Hivers extrêmes et habitat : le climat continental impose une réflexion spécifique sur l'humidité, l'isolation, la ventilation et le radon (accumulation en sous-sol chauffé toute la saison froide). La géobiologie québécoise intègre ces contraintes matérielles.
Réglementation : le Québec applique les seuils canadiens de radon (200 Bq/m³) et de champ électromagnétique. L'audit géobiologique s'articule avec les diagnostics techniques réglementés (inspection immobilière, test radon SPP).
Howard Crowhurst et les sites mégalithiques
Howard Crowhurst (né en 1959, britannique installé en Bretagne depuis 1986) est aujourd'hui l'une des références internationales sur les alignements de Carnac et l'archéo-astronomie mégalithique. Ses travaux dépassent largement la France et rayonnent en Suisse et au Québec francophones.
Œuvre principale : Carnac, l'énigme résolue ? (2018), From Carnac to Stonehenge, série documentaire Le message caché de Carnac. Il propose une lecture géométrique et astronomique cohérente des alignements du Morbihan (Ménec, Kermario, Kerlescan) mettant en évidence des rapports mathématiques précis (racine de 3, pi, triangles pythagoriciens) présents dès le Néolithique.
Méthode Crowhurst : mesures topographiques millimétriques, croisement avec les levers solsticiaux et lunistices, calcul des orientations sur plusieurs siècles. Une démarche exigeante, documentée, publiée en revue et défendue en conférence.
Formation Academia Cervantes : Howard Crowhurst dirige un centre d'études à Plouharnel (Bretagne) où se rendent des géobiologues suisses et québécois pour se former in situ aux alignements et aux tracés géométriques du Néolithique atlantique.
Impact sur la géobiologie francophone : ses conférences en Suisse romande (Lausanne, Genève, Fribourg) et au Québec (Montréal, Québec) depuis 2015 ont renouvelé l'intérêt pour les tracés géométriques préhistoriques et pour la question, ancienne mais toujours discutée, du savoir des bâtisseurs mégalithiques.
Lecture géobiologique complémentaire : les alignements ne sont pas seulement astronomiques et géométriques — ils s'implantent sur des lignes géologiques et telluriques précises (failles, cours d'eau souterrains, réseaux). La convergence des trois lectures (géométrique, astronomique, géobiologique) constitue aujourd'hui un champ de recherche fécond.
Développer la géobiologie au Québec et en Suisse
Pour un praticien souhaitant s'installer ou se former dans ces deux territoires, quelques repères pratiques.
Formations reconnues en Suisse : Institut de recherches en géobiologie (Chardonne), formations continues des associations cantonales, cycles courts organisés dans le canton de Vaud et à Fribourg. La reconnaissance suisse s'appuie sur le sérieux méthodologique plus que sur un diplôme d'État (inexistant à ce jour).
Formations au Québec : associations régionales, formations à distance francophones, dialogue avec les écoles françaises et suisses. Le titre de « géobiologue » n'est pas réglementé mais la profession s'auto-régule par les associations.
Réseaux d'échange : colloques annuels européens auxquels se rendent régulièrement des praticiens suisses et québécois, salons du bien-être et de l'habitat sain, publications spécialisées francophones.
Enjeux locaux à documenter : radon et hivers longs pour le Québec, mémoire des lieux dans les zones de guerre religieuse (Suisse), interaction avec les traditions autochtones (Québec), rôle des hauts lieux alpins (Suisse), lecture des sites mégalithiques (les deux territoires envoient de nombreux praticiens en Bretagne).
